Au loin, le ciel est bleu azur, comme il l'est seulement pendant les plus beaux jours d'été. Quelques nuages purs et vaporeux viennent s'ajouter à cette harmonie parfaite. Le soleil brille tel une boule de feu, et se reflète dans l'eau du fleuve qui s'étend. En face de moi s'élèvent des clochers, des immeubles imposants. Toits verts de cuivre oxydé, murs rouges briques, bâtiments oranges, bleus, blancs. C'est ce qui fait le charme de cette ville que j'aime tant. Juste se mes yeux, l'ombre du St Michaelis se pose sur le quartier telle une mère protectrice. Des rangées de maisons s'entassent les unes aux côtés des autres. Ce là que je veux vivre. L'eau de l'Elbe scintille à la lumière du jour et ressemble à une rivière de diamants. Perchée d'où je suis, j'admire cette ville qui semble si paisible.
Et pourtant, demain, je partirai.
Tout suffocant et blême quand sonne l'heure, je me souviens des jours anciens et je pleure.
Cette vie, je me suis approchée d'elle, je l'ai touchée sans jamais me l'approprier. Je voudrais goûter sa saveur encore et encore. Mais voilà qu'on me l'arrache, qu'on me la reprend comme on me l'a donnée.
Demain, je retourne dans cette ville qui sera toujours la même à mes yeux : pâle, froide, morte, comme un cadavre à la mer.
Et je m'en vais au vent mauvais qui m'emporte, deçà, delà, pareil à la feuille morte.